Rebetika

Musique grecque des années 1930

Groupe RebetikaRebetika est un hommage aux compositeurs de Rebetiko ainsi qu’aux grandes chanteuses grecques des années 30, Roza Eskenazy et Rita Abatzi. Le spectacle propose des oeuvres de style Smyrneïko, introduit en Grèce par les réfugiés d’Asie Mineure. On dit du Rebetiko qu’il est le «blues» grec.

 

Le cabaret Grec

Durant trois millénaires, l’Asie Mineure (Turquie) fut la patrie de plusieurs millions de Grecs. 1922  voit la destruction de Smyrne, et l’expulsion  par la Turquie de plus de deux millions de grecs d’Anatolie.De cet exode des grecs d’Asie Mineure résulta la dissolution des communautés, la dispersion des traditions et la naissance d’une nouvelle classe sociale : les réfugiés d’Anatolie. Heureusement, des musiciens acomplis de Smyrne et de Constantinople réfugiés en Grèce réussirent à garder vivantes leurs traditions musicales urbaines. Arrangeurs, compositeurs et interprètes, ils devinrent l’influence dominante dans l’industrie du disque en Grèce, alors en plein essor dans les années 30 et 40, popularisant une musique d’inspiration Anatolienne mêlant les traditions anciennes et nouvelles. Les deux plus importants styles musicaux qui fleurirent durant cet âge d’or de la chanson grecque furent le Smyrneika et le Rebetikaé. Ce répertoire a été redécouvert et revient  de nos jours à la scène et dans les cabarets.

Smyrneika et Rebetika

Le Smyrneika était la chanson traditionnelle du cabaret grec de Smyrne (Izmir), chanson née dans les tavernes d’Anatolie . Des mélodies complexes étaient supportées par les rythmes sensuels de la danse (tsiftetelli, karsilama), et jouées sur le santouri, outi (oud) clarino (clarinette) et zilia (zils). Les paroles colorées évoquaient les thèmes de l’amour (habituellement non réciproque mais plein d’espoir), de la nostalgie (pour la patrie perdue) et la célébration de la vie par la musique et la danse. Ces chansons demandaient une grande agilité vocale combinée à un sens aigu du spectacle pour les chanteurs – Antonis Dalgas, Roza Eskenazi, Rita Abdzi, Marika Kanaropoulou et d’autres – dont la virtuosité et le sens artistique brillent encore à travers le « hiss » des 78 tours qui ont survécus. Le kefi, une émotion passionnée, un état de conscience intense, est considéré comme essentiel pour faire de la musique. Le kefi irrépressible des réfugiés d’Asie Mineure acoucha d’un riche héritage musical, d’une ode à l’indestructible esprit Grec.

Le Rebetika était un style « blues », plus abrupt, développé alors que les réfugiés Anatoliens, se retrouvant rejetés et marginalisés, ont combiné leurs musiques avec celles des marginaux grecs. Initialement il y eut beaucoup de croisements avec le genre Smyrneika,  ces chansons décrivaient plutôt les dures réalités de la vie passée à tenter d’oublier les revers de fortune par l’alcool, le jeu, les femmes et le hashish. Les musiciens de Smyrne et les chanteurs se joignirent à eux en utilisant les instruments grecs comme le bouzouki, baglama, guitare et un style de chant plus rude. Au début ignoré par la bourgeoisie d’Athènes, cette musique gagna éventuellement popularité et respect.

StamiStamatia Zarifiou

 

 

Interprètes
Stamatia Zarifiou : voix et percussions
Pierre Langevin : clarinette, santouri et voix
Jean-Philippe Reny : oud et baglama
Jasmin Cloutier : bouzouki, guitare et voix
Nicolas Royer-Artuso : violon

Sofia Bilides (www.sofiabilides.com)