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Rebetika

Musique grecque des années 1930

 
 
Rebetika est un hommage aux compositeurs de Rebetiko ainsi qu'aux grandes chanteuses interprètes des années 30 :Roza Eskenazy et Rita Abatzi. Le spectacle propose des oeuvres issues du style Smyrneïko, introduit en Grèce par les réfugiés d’Asie Mineure au début du XXsiècle, et du Rebetiko, musique urbaine de la classe ouvrière. 
 
 
 
Interprètes

Gabrielle Bouthillier : voix et accordéon
Pierre Langevin : voix et clarinettes
Jean-Philippe Reny : oud et baglama
Jasmin Cloutier : guitare et bouzouki
 

 
* Photos : crédits Amélie Breton 
 
 

 

Le cabaret Grec

Durant trois millénaires, l'Asie Mineure (Turquie) fut la patrie de plusieurs millions de Grecs, communauté culturelle dynamique qui éclata lorsque différents conflits aboutirent en1922 à la «grande catastrophe» d’Asie Mineure : la destruction de Smyrne, la perte de centaine de milliers de vie et un échange de population qui vit l'expulsion de deux millions de Grecs d'Anatolie. De cet exode des grecs d'Asie Mineure résulta la dissolution des communautés, la dispersion des traditions et la naissance d'une nouvelle classe sociale : les réfugiés d'Anatolie. Heureusement, des musiciens acomplis de Smyrne et de Constantinople réussirent à garder vivantes leurs traditions musicales urbaines en apportant leurs cosmopolites talents en Grèce continentale. Arrangeurs, compositeurs et interprètes, ils devinrent l'influence dominante dans l'industrie du disque en Grèce, alors en plein essor dans les années 30 et 40, popularisant une musique d'inspiration Anatolienne mêlant les traditions anciennes et nouvelles. Les deux plus importants styles musicaux qui fleurirent durant cet âge d'or de la chanson grecque furent le Smyrneika et le Rebetikaé. Ce répertoire est de nouveau apprécié, porté par la réédition des enregistrements originaux et les spectacles des artistes d'aujourd'hui.

 

Smyrneika et Rebetika

Le Smyrneika était la chanson traditionnelle du cabaret grec de Smyrne (Izmir), chanson née dans les tavernes d'Anatolie ou «Cafe Aman». Des mélodies complexes (reflétant l'influence musicale des populations Turques, Arméniennes et Juives de Smyrne) étaient supportées par les rythmes sensuels de la danse (tsiftetelli, karsilama), et jouées sur le santouri, outi (oud) clarino (clarinette) et zilia (zils). Les paroles colorées évoquaient les thèmes de l’amour (habituellement non réciproque mais plein d’espoir), de la nostalgie (pour la patrie perdue) et la célébration de la vie par la musique et la danse. Ces chansons demandaient une grande agilité vocale combinée à un sens aigu du spectacle pour les chanteurs – Antonis Dalgas, Roza Eskenazi, Rita Abdzi, Marika Kanaropoulou et d’autres – dont la virtuosité et le sens artistique brillent encore à travers le «hiss» des 78tours qui ont survécus. Le kefi, une émotion passionnée, un état de conscience intense, est considéré comme essentiel pour faire de la musique. Le kefi irrépressible des réfugiés d’Asie Mineure acoucha d’un riche héritage musical, d’une ode à l’indestructible esprit Grec. Comme l’écrivait  Roza Eskenazi: «Nous chantions pour le monde entier. Nos chansons étaient authentiques et vraies, pleines de joie, de verve et d’art. »

 

Le Rebetika était un style «blues», plus abrupte, développé alors que les réfugiés Anatoliens, se retrouvant rejetés et marginalisés, ont combiné leur potentiel musical avec la classe sociale d’Athènes la plus marginale. Initialement il y eut beaucoup de croisements avec le genre Smyrneika, mais ces chansons décrivaient plutôt les dures réalités de la vie passée à tenter d’oublier les revers de fortune par l’alcool, le jeu, les femmes et le hashish. Les musiciens de Smyrne et les chanteurs se joignirent à eux mais firent place bientôt au bouzouki, baglama, guitare et à un style de chant plus rude. Au début ignoré par la bourgeoisie d’Athènes, cette musique gagna éventuellement popularité et respect.

 

Sofia Bilides (www.sofiabilides.com)

 

 


 

 

 

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EXTRAITS AUDIO MP3

Je suis jaloux et je pleure pour toi Hariklaki
Car tu m'as encore trompé
 
Jette les cartes, bohémienne !
et dis-moi la vérité
va-t-il guérir bientôt ce chagrin
que je cache dans ma poitrine ?
la fille qui m'a abandonné
vais-je la reconquérir ?
 
Danse grecque originaire de Constantinople
 

Hélène la divorcée a de la peine, la malheureuse  
elle a un vieux mari, la pauvre, elle ne le supporte pas.  
Elle l'a mis à la porte et pleure sans arrêt  
Quand il l'entend, le garçon barbier court avec envie:  
«viens ici, Elenaki, que j'éteigne ton désir»   

 

EXTRAITS VIDÉO
 
Musique : Ela dimitroula ela (sur CD Gamos)
 
Spectacle au Bistro-Jazz LE  LARGO (Québec) Mars  2011